Pourquoi lutter contre la Corruption

Pourquoi lutter contre la Corruption

La lutte contre la corruption est plus que légitime en raison du coût réel de la corruption dans la société. La corruption est particulièrement coûteuse. Dans le monde en développement, elle se chiffre en milliards de dollars par an, détourne des ressources rares et réduit les possibilités de développement des pays. Dans les pays où elle est endémique, ses conséquences pèsent de manière disproportionnée et cruelle sur les pauvres, défavorisés par rapport à ceux qui ont les moyens de verser des pots-de-vin et qui sont disposés à le faire.

La corruption resserre le carcan de la pauvreté sur les pays qui en souffrent déjà et qui ont besoin de toutes les ressources disponibles pour financer leurs programmes sociaux et économiques. Elle mine également les efforts visant à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et constitue l’un des grands obstacles qui s’opposent aux prestations efficaces de services publics.

Les études théoriques et empiriques qui traitent objectivement de l'incidence économique de la corruption se sont multipliées au cours des dernières années. Elles aboutissent, en général, aux conclusions suivantes:


  • La corruption est répandue , mais à des degrés variés selon les pays et les régions. Par exemple, le Botswana et le Chili sont moins touchés que beaucoup de pays pleinement industrialisés ;

  • La corruption augmente les coûts de transaction ainsi que l'incertitude. Elle conduit en général à des résultats économiques inefficients. Elle nuit à l'investissement étranger et intérieur à long terme, entraîne une mauvaise répartition des talents en faveur des activités de recherche de rentes, et fausse les priorités sectorielles de même que les choix technologiques (les marchés publics pour de vastes projets de défense prenant le pas sur la construction de dispensaires en milieu rural spécialisés dans les soins préventifs). Elle entraîne les entreprises dans l'économie souterraine, ce qui amoindrit les recettes publiques, de sorte que des impôts de plus en plus lourds frappent un nombre de contribuables de plus en plus restreint. L'État est alors incapable de fournir des biens collectifs essentiels, notamment d'assurer la primauté du droit en peut en résulter un cercle vicieux de corruption croissante et d'activités économiques clandestines ;

  • La corruption est injuste. Elle impose un impôt régressif qui pèse particulièrement lourd sur les activités de commerce et services des petites entreprises ;

  • La corruption porte atteinte à la légitimité de l'État.


Selon une estimation de la Banque mondiale, en 2001-2002, 1 000 milliards de dollars auraient été détournés en pots-de-vin. Ce montant représente environ 3 % des échanges de la planète pour cette même période.

L'organisation non gouvernementale internationale Transparency International a publié le 25 mars 2004 une liste des dix chefs d'État les plus corrompus : Mohamed Suharto aurait par exemple détourné entre 15 et 35 milliards de dollars, Ferdinand Marcos entre cinq et dix et Mobutu Sese Seko environ cinq milliards lorsqu'il dirigeait le Zaïre. Le pays de la liste ayant le PNB le plus élevé était le Pérou avec 2 051 dollars par habitant en 2001. Au Canada, des politiciens et des hauts fonctionnaires associés à l'administration du Parti libéral du gouvernement du Canada sont impliqués dans un scandale de plusieurs centaines de millions de fausses factures de programmes de commandites gouvernementales. L'argent était utilisé pour la réélection des candidats du Parti libéral.

Un rapport du CCFD-Terre Solidaire, « Biens mal acquis... profitent trop souvent. La fortune des dictateurs et les complaisances des pays occidentaux » estiment que plus de 120 milliards de dollars ont été détournés ces dix dernières années, notamment à cause de la corruption.

Selon l'agence de notation Standard and Poor's, les investisseurs ont une probabilité allant de 50 à 100 % de perdre la totalité de leurs investissements dans un délai de cinq ans dans les pays connaissant divers degrés de corruption.