Décalogue de l’auditeur-médecin

Décalogue de l’auditeur-médecin

La promotion de la culture de contrôle interne au sein d’une organisation dépend largement de l’image que renvoient les auditeurs internes, selon qu’ils se comportent comme des policiers (bien qu’ils ne le soient guère) ou des médecins chargés de veiller sur l’état de santé de l’organisation.

Cependant, n’est pas auditeur-médecin qui le veut, mais celui qui applique un certain nombre de principes, qui peuvent être résumés en dix commandements constituant le décalogue du Dr Audit :

1er commandement

Ne jamais poser d’actes contraires au code de déontologie de la profession d’audit interne. Cela implique au préalable une bonne connaissance des principes déontologiques de la profession. Peut-on imaginer un médecin qui exerce sa profession sans en connaître la déontologie ? Quelle image renverrait un médecin qui pose des actes contraires à la déontologie médicale ?

2e commandement

Ne jamais prétendre connaître plus que les audités dans leurs domaines respectifs. Cette attitude nuirait gravement à la fonction et constituerait un obstacle à une collaboration fructueuse. Un médecin ne saurait prétendre connaître le corps d’un patient mieux que le patient lui-même, et ce, au risque de lui prescrire des ordonnances inadaptées à sa maladie.

3e commandement

S’en tenir au fait que « recommander n’est pas commander ». Les recommandations de l’auditeur, loin d’être des ordres, visent une prise de conscience qui stimule l’action des audités, afin de corriger les dysfonctionnements. Comme le médecin qui recommande le traitement et le patient qui l’applique, l’auditeur formule les recommandations, et les audités les appliquent. Notons également que la recommandation n’est que l’expression d’une suggestion ; elle peut être discutée, amendée, ou même refusée : c’est là qu’intervient, fort heureusement, une des qualités fondamentales de l’auditeur interne : l’art de la persuasion.

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4e commandement

Ne jamais formuler des recommandations sans associer les audités. Ne pas appliquer ce principe peut avoir comme conséquences la formulation de recommandations inadaptées, inefficaces, voire dépourvues de sens quant au contexte organisationnel, et surtout le renvoi d’une mauvaise image des auditeurs internes. On peut bien imaginer l’image qu’aurait un patient du médecin qui prescrit des ordonnances sans l’associer, ne serait-ce pour connaître ses allergies médicamenteuses.

5e commandement

Communiquer et sensibiliser les audités sur l’audit interne. Cette communication devrait être l’occasion pour les auditeurs d’apporter des éclaircissements sur ce qu’est l’audit interne et ce qu’il n’est pas.

6e commandement

Ne jamais faire des « missions d’audit surprises ». Ce principe est la règle d’or de tout professionnel ; un auditeur ne devrait pas surprendre les audités en se rendant dans leurs locaux pour effectuer une mission sans s’être acquitté du devoir de les informer au préalable.

7e commandement

Avoir un bon sens de la communication et savoir utiliser le mot juste. Le vocabulaire de l’auditeur façonne son image : annoncer à un audité que ses méthodes « sont nulles » n’a ni le même sens ni les mêmes conséquences que signaler qu’on peut « encore progresser » ou que ses méthodes « peuvent être améliorées ».

8e commandement

Savoir qu’auditer = écouter et auditeur = celui qui écoute. Un auditeur devrait apprendre à développer un sens d’écoute active et non passive, et savoir qu’on ne peut auditer que ce que l’on comprend (une compréhension qui s’acquiert généralement après une écoute active des audités sur leurs activités). Et comme dit le proverbe, « celui qui écoute parlera toujours ».

9e commandement

Ne jamais se substituer aux audités pour la mise en œuvre de ses propres recommandations. Pareil au médecin qui ne saurait prendre de médicaments en lieu et place du patient, ainsi l’auditeur ne saurait appliquer lui-même ses propres recommandations. Il doit éviter à tout prix d’être juge et partie.

10e commandement

Être pour son entreprise ce qu’est un médecin consciencieux et professionnel pour son patient.

Pour permettre une bonne assimilation de la déontologie de l’auditeur-médecin, l’Institut Docteur Audit propose une formation et/ou assistance gratuite aux auditeurs des organisations (entreprises, associations, etc.), aux membres et à toutes personnes souhaitant améliorer ses connaissances dans ce domaine.


Formulaire de demande d’assistance/formation dans la déontologie de la l’Audit Interne

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