Fondamentaux de la médecine organisationnelle

Fondamentaux de la médecine organisationnelle

La médecine organisationnelle est cette approche de l’auditeur interne, qui, tel un médecin, va avoir pour seule et unique mission d’agir au niveau des organes défaillants, à condition de suivre l’ordonnance que sont les recommandations.

Dans la médecine du corps humain, la capacité du médecin à détecter le problème du malade et à prescrire les ordonnances appropriées demeure une mesure d’appréciation pour le patient, qui lui sera reconnaissant d’avoir fait preuve de compétence et de professionnalisme.

Parallèlement, la capacité de l’audit interne à détecter les problèmes de l’organisation et à formuler les recommandations appropriées demeure une mesure d’appréciation pour les audités, qui seront autrement que fiers d’avoir une fonction d’audit interne qui apporte une réelle valeur ajoutée au fonctionnement de leurs activités. Ainsi, l’audit interne sera jugé sur ses recommandations et non sur ses constats, et plus précisément sur les recommandations mises en œuvre : une mesure de son efficacité étant le nombre de recommandations non seulement acceptées mais effectuées.

Notons également que le médecin ne saurait en aucun cas se substituer au patient pour la prise des médicaments prescrits ; ainsi, l’auditeur ne peut se substituer à l’audité pour réaliser les actions correctives.

Dans cette approche, Dr Audit examine les processus de l’organisation et établit :

  • un diagnostic attestant de son plus ou moins bon fonctionnement ;

  • un pronostic alertant les responsables ;

  • une thérapeutique visant la sécurité des actifs et la fiabilité des informations, l’efficacité des opérations, la compétitivité de l’organisation.

  • Durée de l’entreprise : le commerçant n’est pas tenu de fixer une durée pour l’exploitation de son entreprise. Ainsi, l’exploitation peut aller au-delà de 99 ans, sans qu’il soit nécessaire de décider une quelconque prorogation.


En effet, il s’agit, pour les auditeurs internes, d’adopter le comportement du médecin face au patient, en décelant, à travers les symptômes que constituent les constats, les principales faiblesses de l’organisation, d’en déterminer les causes, d’en évaluer les conséquences, de leur trouver un remède et de convaincre les responsables d’agir.
Contrairement à cette tendance qui assimile l’audit à du conseil pur et simple, lorsque les auditeurs formulent les recommandations dans leurs rapports, il conviendrait de noter que la démarche de l’auditeur-médecin est une approche tridimensionnelle causes-risques-recommandations, s’appuyant sur un problème réel. Or, la logique du conseil est tout autre ; elle se fonde sur une opinion ou un sentiment.

Points convergents entre la fonction d’audit interne et la médecine

La convergence entre l’audit interne et la médecine est remarquable en soi et peut s’observer à plusieurs niveaux.

1. Au niveau des obligations

Il est communément admis, dans le monde de la législation médicale, que le médecin n’a pas l’obligation de garantir le résultat escompté, c’est-à-dire la guérison d’une maladie : il doit plutôt prendre tous les moyens possibles et raisonnables pour parvenir à ce but. À défaut d’une obligation de résultats, le médecin est donc tenu à une obligation de moyens, sa conduite étant jugée non pas sur la présence ou l’absence de résultat précis, mais plutôt sur son comportement dans les circonstances données.

Toutefois, il est admis que, dans certaines circonstances, le médecin engage sa responsabilité, notamment lorsque son erreur cause des dommages au patient ; tel serait le cas du décès d’un patient à la suite d’un instrument oublié dans son ventre. Ainsi évalue-t-on toujours le comportement du médecin en se posant simplement la question de savoir si un autre médecin, prudent et compétent, placé dans des circonstances semblables, aurait fait pareil.

Dans le but de fournir un diagnostic selon les bonnes pratiques, le médecin doit utiliser les méthodes qui sont couramment acceptées, effectuer un examen physique conforme aux règles de l’art, prescrire les examens et tests requis, interpréter correctement les données recueillies, faire contrôler son évaluation par les tests appropriés, vérifier son diagnostic et, en cas de doute, recourir à un confrère ou un spécialiste. De ce fait, la responsabilité du médecin ne sera pas engagée si son diagnostic est erroné, s’il est établi qu’il a respecté les règles médicales admises.

Parallèlement, la fonction d’audit interne n’est pas tenue à une obligation de résultats, car un auditeur ne peut être en mesure de fournir une assurance absolue quant à la maîtrise des risques. Ainsi, on ne saurait reprocher à un auditeur la non-découverte d’une défaillance, s’il est établi qu’il a respecté les règles professionnelles admises dans les normes de l’audit interne.

Dès l’instant qu’il est admis que l’auditeur interne « conseille », « assiste », « recommande », mais ne décide pas, son obligation n’est qu’une obligation de moyens : tout faire pour aider à améliorer la maîtrise que chaque responsable a de ses activités et donc aider à atteindre les objectifs du contrôle interne. Pour ce faire, l’audit interne dispose de certains avantages, dont :

  • la connaissance des normes professionnelles : il a des normes de référence qui lui donnent autorité, une méthode et des outils qui garantissent son efficacité ;

  • l’indépendance et l’objectivité : il dispose d’une indépendance par rapport à d’autres fonctions, d’une autonomie et d’une objectivité qui lui permettent d’envisager toutes les hypothèses et de formuler toutes les recommandations.



Force est de constater, dans la pratique, que certains auditeurs se désolent de leur peu de succès dans la détection des fraudes, qui, le plus souvent, sont mises à jour par d’autres voies. Et pourtant, les normes professionnelles sont très claires quant au rôle de l’auditeur interne face à la fraude ; en effet, la norme 1210.A2 précise : « L’auditeur interne doit posséder des connaissances suffisantes pour identifier les indices de fraude, mais il n’est pas censé posséder l’expertise d’une personne dont la responsabilité première est la détection et l’investigation de fraudes. » Ainsi, l’auditeur interne n’a pas pour responsabilité première de détecter les fraudes, mais de détecter les indices de fraudes ; autrement dit, l’auditeur interne n’a pas une obligation de résultats quant à la détection de fraudes, mais une obligation de moyens (connaissances suffisantes sur les indices de fraudes).

Toutefois, comme dans le cas du médecin, dans certaines circonstances, un auditeur engage sa responsabilité, s’il est établi que ce dernier n’a pas appliqué les règles professionnelles de l’audit interne. On évaluera son comportement en se posant la question de savoir si un autre auditeur, prudent et compétent, placé dans des circonstances semblables, aurait fait pareil.


2. Au niveau des devoirs (responsabilités)

Force est de constater, dans la pratique, que certains auditeurs se désolent de leur peu de succès dans la détection des fraudes, qui, le plus souvent, sont mises à jour par d’autres voies. Et pourtant, les normes professionnelles sont très claires quant au rôle de l’auditeur interne face à la fraude ; en effet, la norme 1210.A2 précise : « L’auditeur interne doit posséder des connaissances suffisantes pour identifier les indices de fraude, mais il n’est pas censé posséder l’expertise d’une personne dont la responsabilité première est la détection et l’investigation de fraudes. » Ainsi, l’auditeur interne n’a pas pour responsabilité première de détecter les fraudes, mais de détecter les indices de fraudes ; autrement dit, l’auditeur interne n’a pas une obligation de résultats quant à la détection de fraudes, mais une obligation de moyens (connaissances suffisantes sur les indices de fraudes).

Toutefois, comme dans le cas du médecin, dans certaines circonstances, un auditeur engage sa responsabilité, s’il est établi que ce dernier n’a pas appliqué les règles professionnelles de l’audit interne. On évaluera son comportement en se posant la question de savoir si un autre auditeur, prudent et compétent, placé dans des circonstances semblables, aurait fait pareil.

  • le devoir d’observation du secret professionnel (ou obligation de confidentialité) : le secret que doit observer le médecin est une condition importante de l’établissement d’une relation de confiance entre le médecin et son malade, et garantit à ce titre une certaine efficacité de l’intervention médicale. Notons par ailleurs que ce secret, bien qu’opposable aux tiers, ne souffre que de peu d’exceptions prévues par les législations nationales ;

  • le devoir dans l’application de soins (assimilable à l’obligation de compétence) : le médecin est appelé à donner des soins consciencieux se rapportant au dernier état des connaissances de la science.


Parallèlement, on reconnaîtra, à la fonction d’audit interne, ces deux types d’obligations. L’obligation de confidentialité est un devoir que doit appliquer tout professionnel d’audit interne : les informations obtenues au cours d’une mission d’audit ne peuvent faire l’objet d’une divulgation aux personnes non autorisées. Aussi, seules les personnes désignées dans la charte d’audit interne, notamment les commissaires et autres autorités administratives, peuvent avoir accès à ces informations, mais dans les conditions prévues dans ladite charte. Quant à l’obligation de compétence, les normes professionnelles de la fonction d’audit interne exigent de l’auditeur de décliner toute mission en cas de manque de compétence.

3. Au niveau de l’autorité exercée

Peut-on reconnaître à un médecin une autorité autre que morale ? Un pouvoir autre que celui de persuasion ? Le médecin peut-il imposer la prise des médicaments à un patient ? Au médecin de recommander le traitement, et au patient d’appliquer le traitement pour se soigner. Il en est de même de l’auditeur interne, à qui l’on demande d’analyser le problème et de formuler des recommandations ; les audités, à l’instar des patients, sont censés appliquer les recommandations pour corriger les dysfonctionnements relevés. En effet, c’est un remède qui agit en forçant la prise de conscience puis l’action.

À ce propos, on se souviendra de cette affirmation : « L’audit n’a d’autorité que morale », puisque l’auditeur ne donne ni ordres ni instructions : recommander n’est pas commander. Il se contente d’émettre des recommandations, qui, de surcroît, peuvent ne pas être appliquées, à l’exemple de ce patient qui refuse d’appliquer le traitement recommandé par le médecin. À chaque mission, l’auditeur va devoir convaincre ses interlocuteurs de la réalité et de l’importance des problèmes, de sorte qu’ils adhèrent à ses conclusions et, les reprenant à leur compte, mettent en œuvre les actions correctives adéquates, et sans avoir pour cela aucune autorité hiérarchique : seuls son pouvoir de persuasion et la pertinence de ses recommandations lui permettront d’avoir de l’influence et d’acquérir du poids dans l’organisation.

Mais cela suffit-il pour convaincre les audités d’agir ? Pour faire adhérer les audités aux recommandations, reconnues indispensables à la correction des dysfonctionnements aussi bien par ces derniers que les auditeurs, il ne suffit pas à l’auditeur d’avoir raison ou de présenter une argumentation solide et pertinente. Il est courant de rencontrer des audités peu soucieux de l’état de santé de l’entreprise et qui font preuve de mauvaise volonté dans l’application des recommandations qu’ils ont eux-mêmes validées après en avoir apprécié la pertinence. C’est alors que l’auditeur, tel un pédiatre s’adressant aux parents pour imposer le traitement à l’enfant, va devoir user de tous les moyens de pression dont il peut disposer :

  • son rattachement : d’où la nécessité de privilégier un rattachement direct de la fonction d’audit interne à la direction générale et, si possible, au conseil d’administration. Cela permet de donner suffisamment de poids à l’audit interne, qui n’hésitera pas à user de ce moyen de pression, lorsqu’il est amené, suivant les circonstances, à être un auditeur-pédiatre ;

  • son expertise et sa compétence : d’où la qualité de compétence requise par les normes ; en effet, les auditeurs devront se prévaloir de cette compétence pour emporter l’adhésion des audités. Il est évident que cette compétence se traduit dans le professionnalisme des auditeurs et la pertinence des recommandations.

Dans le but de promouvoir le recours à la médecine organisationnelle, l’Institut Docteur Audit propose une formation et/ou assistance gratuite aux auditeurs des organisations (entreprises, associations, etc.), aux membres et à toutes personnes souhaitant améliorer ses connaissances dans ce domaine.


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