Normes professionnelles de l’audit

Normes professionnelles de l’audit

La fonction d’audit interne s’exerce dans la limite des normes définies par la profession. Celle-ci est, en effet, organisée au plan international et obéit à des règles communes qu’elle s’est imposées. Toutefois, ces règles ont un caractère relatif qu’il convient de souligner.

La définition de normes par la communauté internationale de l’audit interne ne s’est pas faite en un jour. Il y eut d’abord, dès 1947, la « Déclaration des responsabilités », qui définit objectifs et champ d’action de l’audit interne. Puis l’évolution de la fonction a évidemment exigé des révisions, qui ont eu lieu en 1981, en 1991 et en 1995. Une refonte totale a été réalisée avec effet au 1er janvier 2002 et une seconde en 2008-2009.

1. Utilité des normes

L’importance des normes peut être perçue suivant ces différents volets :

  • l’existence de principes fondamentaux affirmés par la communauté internationale des auditeurs crée l’unité des objectifs et de la méthode. Ils contribuent donc très largement à la création de la fonction d’audit interne, qui, sans eux, risquerait fort de n’être qu’une addition de pratiques diverses et hétéroclites ;

  • non seulement ces principes fondamentaux ont contribué à la création de la fonction, mais ils permettent son constant développement et son amélioration par les commentaires et modalités d’application qu’ils suscitent, tant il est vrai qu’on ne construit valablement que sur des fondations solides ;

  • en définissant et en exigeant un programme d’assurance qualité, les normes hissent l’audit interne au niveau des activités organisées et certifiées ;

  • l’existence de normes permet aux différents acteurs de la fonction d’audit interne d’exercer celle-ci avec plus d’autorité : la référence à une fonction organisée est un label de qualité qui renforce les services d’audit interne dans les entreprises et les organisations.

2. Normes de l’audit interne

L’importance des normes peut être perçue suivant ces différents volets :

  • de définir les principes de base ;

  • de fournir un cadre de référence ;

  • d’établir des critères d’appréciation ;

  • d’être un facteur d’amélioration.


Pour atteindre ces objectifs ambitieux, les normes ont été regroupées dans le CRIPP (Cadre de référence international des pratiques professionnelles), un document découpé en quatre parties :

  • institut.normeListC

  • les normes de qualification (série 1000), qui énoncent les caractéristiques que doivent présenter les services d’audit interne et les personnes qui en font partie ;

  • les normes de fonctionnement (série 2000), qui décrivent les activités d’audit interne et définissent des critères de qualité ;

  • les normes de mise en œuvre (séries 1000 ou 2000, assorties d’une lettre), qui déclinent les précédentes pour des missions spécifiques.

Ces trois séries de normes sont obligatoires, avec cette nuance : certaines utilisent le mot must pour signifier qu’on est en présence d’une exigence impérative, d’autres le mot should, ce qui signifie qu’il peut y avoir exception lorsque des adaptations sont justifiées par les circonstances.

Elles sont accompagnées d’interprétations et de commentaires de l’IIA et de l’IFACI, précisant les concepts utilisés, qu’il est indispensable de prendre en considération.

Analysées avec les normes de qualification et de fonctionnement auxquelles elles sont rattachées, les normes de mise en œuvre (NMO) sont assorties d’une lettre (précédée d’un point), qui définit le type d’activité auquel elles se rapportent soit, à ce jour : « A » pour audit (ou assurance) et « C » pour conseil. En introduisant la fonction conseil, on confirme la parfaite cohérence entre les normes et la définition de l’audit.

S’y ajoutent les modalités pratiques d’application (MPA). Ce ne sont pas des normes à proprement parler, puisqu’elles sont facultatives, mais on précise qu’elles « font autorité ». Comme leur nom l’indique, ce sont des conseils pratiques pour l’application des normes. On perçoit bien que les auteurs ont voulu signifier qu’à leurs yeux, c’étaient les meilleures réponses à la question « comment ? ». Mais, dans le même temps, les cultures des organisations ou des pays peuvent créer des difficultés pratiques pour l’application des solutions préconisées. Et puis, il n’est pas interdit, pour un enrichissement de la matière, que se développent des pratiques originales, dès l’instant que les principes sont respectés.

Les normes contiennent tout ce qu’il faut savoir sur l’audit interne. Certes, on n’apprend pas l’audit interne en lisant les normes, tout comme on n’apprend pas le droit civil en lisant le Code civil, mais l’un et l’autre constituent le document indispensable du bon professionnel. Ainsi, le bref résumé ci-dessous ne dispense pas d’une consultation de l’original.


3. Code de déontologie

Ce court document est désormais placé en tête des normes, comme pour en souligner l’importance et signifier qu’il énonce des principes dont l’auditeur ne saurait s’écarter sans trahir sa mission.

Le code énonce quatre principes fondamentaux, déclinés en douze règles de conduite. Ces quatre principes sont :

  • l’intégrité, base de la confiance accordée aux auditeurs ;

  • l’objectivité, déjà explicitée à propos de l’indépendance ;

  • la confidentialité, impérative, sauf obligation légale ;

  • la compétence, impliquant la mise à jour des connaissances.


Les douze règles de conduite qui s’y rattachent peuvent se résumer ainsi :

  • accomplir honnêtement les missions ;

  • respecter la loi ;

  • ne pas prendre part à des activités illégales ;

  • respecter l’éthique ;

  • être impartial ;

  • ne rien accepter qui puisse compromettre le jugement ;

  • révéler les faits significatifs ;

  • protéger les informations ;

  • ne pas en tirer un bénéfice personnel ;

  • ne faire que ce qu’on peut faire ;

  • améliorer ses compétences ;

  • respecter les normes.

Pour permettre une bonne vulgarisation des normes professionnelles de l’Audit Interne, l’Institut Docteur Audit propose une formation et/ou assistance gratuite aux auditeurs des organisations (entreprises, associations, etc.), aux membres et à toutes personnes souhaitant améliorer ses connaissances dans ce domaine.


Formulaire de demande d’assistance/formation dans les Normes professionnelles d’Audit Interne

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